Dimanche 6 avril 7 06 /04 /Avr 19:21

Destinataires: internautes doctes ou avertis, éventuellement intéressés par certains sens des autoroutes nucléaires de l’ouverture actuelle.

Approche lexicale souvent péjorative de ce vocable apparenté à la seule Afrique. La palabre ou les palabres, c’est, d’après Larousse élémentaire, la conférence avec un chef noir ou de noirs entre eux. C’est, soutiennent tous les lexiques, un discours interminable, une conversation longue et oiseuse. C’est, enfin l’assemblée des hommes d’un village où se traitent les questions intéressant la communauté.

   Que dire de ces différentes définitions lexicales? En nous référant d’emblée à l’étymologie espagnole même de ce nom (palabra: parole), ne serait-on pas en droit de se demander si la parole, base de l’oralité, n’est pas une réalité universelle du genre humain. Et parallèlement, si le babillage de tout bébé n’annonce pas l’acquisition du langage. En serait-il contradictoire de dire que c’est ce qui différencie l’homme de l’animal. En effet, si l’instinct est essentiel à la gent animale, car il lui permet d’adopter le comportement le mieux adapté à son écosystème, aspect propre à l’innéisme, encore que ce point de vue soit philosophiquement complexe, l’acquisition du langage est loin d’être instinctive. Elle obéit plutôt à un relatif processus de communication multiforme et hétéroclite, à l’instar des variantes dialectales ou linguistiques.

   D’ailleurs, les mêmes lexiques définissant la littérature comme l’ensemble des œuvres écrites ou orales composées dans un souci esthétique, impliquent-ils la primauté de l’écriture sur l’oralité ?

   En effet, aussi loin que l’on puisse remonter dans les temps, toutes les cultures humaines, à défaut de l’écriture ont eu recours à une tradition orale, pour fixer leur histoire et relater le mythe de leurs origines. Ainsi le langage scandé, associé à la musique, permettait de marquer les principaux faits épiques de l’histoire de leur peuple. Dans l’Antiquité grecque par exemple, la figure du poète était incarnée par Orphée, personnage légendaire qui

 

Séduisait les dieux, les hommes et les bêtes, par la beauté de son chant accompagné de la lyre. La poésie apparaissait comme un don divin: le poète était inspiré par les muses, filles de Mnémosyne (la mémoire) et par Zeus, qui lui permettaient de manier le langage et de conférer aux mots une beauté et un pouvoir. Homère, d’ailleurs, invoquait toujours les dieux au début de ses œuvres, allant jusqu’à s’effacer pour lui céder la parole. Et c’est par ses deux épisodes (l’Iliade et l’Odyssée) qu’il a atteint l’apogée de l’Epopée grecque, celle de la Guerre de Troie.

   A l’origine donc, rappelons-le, la poésie était étroitement liée à l’oralité, les poètes grecs, les ‘‘aèdes’’ chantaient leurs poèmes, comme le feront plus tard, au Moyen âge, les Troubadours et les Trouvers correspondant sans doute aux griots de l’Afrique plus ou moins antique ; différemment appelés selon les milieux socioculturels: Gnamakala (malinké), Mbandakate (ouolof), Diè Dièèk (sérère), pour ne citer que ces groupes linguistiques.

    C’est cette oralité qui permit à la poésie actuelle de développer des systèmes de renvois et de rappels sonores (assonances, allitération etc.).Les vers scandés par la rime, la régularité du rythme, aidaient l’auditeur à retenir le poème.

 

 

    A défaut de dresser un tableau exhaustif des aires culturelles planétaires, plausible travail de recherche approfondie, nous avons estimé contextuelles, celles qui viennent d’être évoquées. Cependant, centrées sur la parole et l’écriture, la primauté de l’une sur l’autre, elles ouvrent sur notre nouvelle grille de lecture du ton de l’approche lexicale thématique. Une approche sur mesure, dirait-on, pour l’Afrique, supposée statique.

 

    Parallèlement, la connotation des termes et expressions récurrents des différents dictionnaires définissant les palabres, objet de notre présentation initiale, semble plutôt illustrer les schèmes antiques des us et coutumes africains presque méconnus du monde dit policé. Au besoin, relevons et analysons à loisir les champs lexicaux des principaux passages de ces différentes définitions schématiques respectivement fixées par Larousse Classique[1], le Dictionnaire Elémentaire[2], le Micro Robert[3], le Dictionnaire du français Vivant[4], et le Dictionnaire Universel:[5]

  

    Encore que les derniers vocables de ces clichés échappent à la connotation initiale, on en aurait l’impression d’assister à une sorte de représentation théâtrale, dont la vraisemblance interne frise la discrimination, voire, la déconsidération.

   

    D’emblée, faisons remarquer aux lexicographes de l’époque que, primitivement destiné au monde noir, leur répertoire thématique aurait dû être complété, entre autres, par celui des espaces amérindiens ou australiens .Ainsi, Mayas[6], Incas[7], Aztèques[8], Bororo[9] et Aborigènes[10], auraient enrichi le décor au point de répondre pleinement à l’attente d’éventuels passionnés d’une telle représentation .

 

     Entre autres, les mythologies de ces différents espaces socioculturels laisseraient au moins entrevoir une certaine fraternité dialectique avec celles de l’Afrique Subsaharienne ou Méditerranéenne, en particulier, du monde Dogon et de l’Egypte pharaonique. Il en serait opportun d’étayer le point de vue de Léopold sédar Senghor[11], à travers la postface :(« Comment les lamantins vont boire à la source ») qui suivait ETHIOPIQUES[12]. Cette mise de la manière à la place de l’idée, pour le poète, était une réplique aux détracteurs[13]des « poètes nègres » de l’Anthologie [14]de la nouvelle poésie Nègre et Malgache de langue française. Son objectif était plutôt de leur démontrer, comparativement, la fraternité des cultures. Par exemple, soutenait-il, « Pour l’écrivain Jean Guéhenno, les textes de la cosmogonie Dogon ne sont pas sans analogie avec les poèmes de M Claudel ou de M Alex LEGER (Saint John Perse). Et il poussait ses arguments en ces termes « Le pouvoir du verbe apparaît déjà(…) dans les langues négro-africaines, où presque tous les mots sont descriptifs (…). Le mot est plus qu’image, il est image analogique sans même le recours de la métaphore et de la comparaison. Il suffit de nommer la chose pour qu’apparaisse le sens sous le signe. Car tout est signe et sens en même temps pour les négro-africains », fin de citation.



[1] -p.497 (de l’espagnol : palabra  « paroles » : conférence avec un chef noir ou de noirs entre eux//discussion, conversation longue et ennuyeuse)

[2] -497 et 852 cf. .1

[3] P.749 (palabre : discussion interminable et oiseuse

[4] P.870 (de l’espagnol palabra «  paroles » : (autrefois, en Afrique noire) : un palabre eut lieu entre le chef de la tribu et les explorateurs//conférence  en vue d’une négociation//délibération, discussion…)

[5] P.876 (palabre cf.p870 : discussion interminable, conversation trop longue et oiseuse// (Afrique) assemblée des hommes d’un village où se traitent les questions intéressant la communauté. Se réunir sous l’arbre à palabres. Débat tenu lors d’une telle assemblée // Afrique : différend porté devant un tribunal coutumier

[6] Peuple amérindien de la famille linguistique maya, originaire des Etats actuels de Veracruz du Yucanta(Mexique), de Campèche, et d’une grande partie du Guatemala .

[7] (« Fils du Soleil »), nom des souverains du peuple quechua, au Perou(Vallée de Cuzco) .

[8] Peuple du Centre et du Sud du Mexique .

[9] Peuple amérindien de la Région méridionale de l’Etat  du Mato Grosso au Brésil . A Ne pas confondre avec les Bororo du Niger, peu islamisés et nomades, vivant essentiellement de leurs troupeaux  .

[10] (Terme désignant l’ensemble des peuples indigènes d’Australie) .

[11] ,Ecrivain et premier Président du Sénégal.( 1906-2001)

[12] Recueil  de Léopold Sédar Senghor, publié en 1956 .      

[13] Ceux qui leur reprochaient  d’imiter les grands poètes  nationaux.

[14] .Recueil de poèmes  de la Nouvelle poésie nègre et malgache d’Expression française.

 

 

Par Traoré
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Jeudi 3 avril 4 03 /04 /Avr 19:57

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